Gestion de l'eau : pourquoi des noues et des bassins d'infiltration ?
Des alliés face au réchauffement climatique
Le principe des noues et des bassins d'infiltration est simple : collecter les eaux de pluie pour les laisser progressivement s’infiltrer dans le sol et alimenter directement les nappes phréatiques.
Pourquoi ne pas continuer à évacuer l'eau uniquement par des tuyaux ? Parce que ce modèle ne fonctionne plus tout seul, surtout lors des épisodes de canicules suivies de pluies torrentielles qui saturent les réseaux et provoquent des inondations, l’érosion des sols et la dégradation de la qualité des cours d’eau.
Ces ouvrages sont dotés de trois points forts :
- Ils diminuent les risques d’inondation et d’érosion des sols : en retenant l'eau à l'endroit où elle tombe, les bassins évitent de surcharger les égouts pluviaux qui jouent à plein leur rôle et protègent les quartiers en aval ;
- Ils « climatisent » la ville naturellement : l'eau infiltrée nourrit les sols de surface et les nappes phréatiques, ce qui permet aux arbres de grandir. Ces arbres agissent comme de véritables climatiseurs naturels grâce à l'évapotranspiration (sol et feuillage), améliorant ainsi le confort climatique de tous.
- Ils protègent notre santé : en limitant les effets de la chaleur urbaine, ils constituent une solution pour faire face aux périodes de canicule.
Grâce à ces nouveaux ouvrages, Nevers devient une ville plus fraîche, mieux protégée et surtout plus résiliente face au défi du dérèglement climatique.
- Et les moustiques ?
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Depuis quelques années, le moustique, et notamment le moustique tigre, a fait son apparition dans notre environnement quotidien. Mais non, les noues et bassins d’infiltration ne sont pas responsables de leur prolifération. En effet, pour se développer le moustique préfèrera toujours les petits volumes d'eau stagnante sans prédateurs, comme les coupelles de pots de fleurs, les vieux pneus, les gouttières obstruées ou les arrosoirs oubliés.
Dans les aménagements paysagers publics réalisés par la Ville de Nevers, et notamment au Banlay, dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), la stratégie visée est inverse : grâce aux nouvelles plantations et au développement des végétaux, nous allons peu à peu recréer un équilibre naturel, favorisant un écosystème sain et fonctionnel permettant de freiner le phénomène.
Pour cela, nous allons volontairement conserver et paysager certains points d'eau afin d'attirer les insectes prédateurs naturels du moustique, tels que les libellules et autres insectes aquatiques. Ces derniers, grands consommateurs de larves, régulent ainsi naturellement sa population, tout comme les oiseaux (mésanges, hirondelles, martinets, etc.), grands consommateurs de moustiques adultes.
En résumé, grâce à ces nouveaux aménagements, les nouveaux écosystèmes créés prendront naturellement et durablement en charge l’élimination de l’insecte piqueur.
- Comment sont conçus et entretenus ces ouvrages dans le temps ?
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Rien n’est laissé au hasard. Les noues et les bassins d’infiltration ne sont pas de simples trous d'eau, ce sont des ouvrages d'ingénierie pensés pour laisser l’eau s’infiltrer naturellement dans le sol.
Chaque aménagement est conçu selon des critères précis :
Une submersion temporaire (sauf cas particulier des bassins) : la plupart du temps, ces espaces restent secs. Ils ne se remplissent que lors des pluies pour permettre à l'eau de s'infiltrer lentement dans le sol, réhydratant ainsi la terre et les plantations environnantes ; Un paysage de qualité : ces zones sont végétalisées pour devenir de véritables supports de biodiversité et des îlots de fraîcheur, redessinant ainsi un paysage urbain utile et plus agréable pour tous ; Une gestion durable : ces ouvrages à longue durée de vie allègent la charge des réseaux d’assainissement traditionnels (canalisations), ce qui diminue sur le long terme les coûts d’entretien et d’investissement pour la collectivité.Enfin, tous ces nouveaux ouvrages font l’objet d’une surveillance constante, afin de s'assurer de leur bon fonctionnement et d'intervenir si un déséquilibre était constaté.