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Une journée sur le thème de la justice sera l'occasion de revenir sur l'histoire du Palais ducal.

Délits, énigmes…

Samedi 24 février, au Palais ducal
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Rendez-vous à la MCNA jeudi 1er mars

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Exposition Survage

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Le Beffroi de Nevers

Le Beffroi de Nevers
Le beffroi constituait un point d’observation pour signaler les incendies ou l’arrivée d'ennemis. Il rythmait aussi la vie économique, la cloche sonnant l’ouverture et la fermeture des portes de la ville, ainsi que la vie quotidienne des travailleurs qui se consacraient aux travaux des champs.

Au XIe siècle, le renouveau des villes accompagne un dynamisme des populations. Face à l’omniprésence de l’Eglise et de la noblesse dans la société féodale, une force politique inhérente à l’organisation des villes se met en place, c’est le pouvoir municipal. Symboliquement, il prend la forme d’une "tour-horloge" appelée un beffroi. Il prend place dans la ville basse (par opposition avec la Cathédrale et la Palais ducal dans la ville haute), extension urbaine entre l’ancienne cité et le plus ancien faubourg de Nevers devenu le bourg franc du prieuré Saint-Étienne en 1090.

De l’abbaye Saint-Martin au beffroi

Pendant longtemps, il n’existe pas de maison de ville, les assemblées ayant lieu à l’abbaye Saint-Martin où étaient également regroupés la guette de la Ville, le trésor, les archives, le dépôt des poids et mesures de référence de la Ville. Ces prérogatives de l’abbaye Saint-Martin cesseront à la fin du XIVe siècle lorsque le comte Philippe fit construire les Halles et le Beffroi au cœur du quartier des marchands. Ces nouveaux aménagements visent à regrouper et à imposer l’administration comtale dans l’espace le plus actif de la ville.

Au rez-de-chaussée sont aménagées les Halles pour la plus importante corporation de la ville, celle des bouchers. Dès 1436, on parle d’une " rue devers la boucherie" puis de "la rue au-dessus de la boucherie" en 1560. A proximité des Halles des bouchers se trouvait une auberge à l’enseigne du "Bœuf Couronné", c’est ainsi que le souvenir de la plus ancienne corporation de Nevers est parvenu jusqu’à nous avec l’actuelle rue des boucheries.

Au-dessus des halles, on aménage les salles pour le bailliage, chargé de rendre la justice pour le comte. Au XIVe il y avait deux baillis en Nivernais, l’un à Nevers, l’autre à Donzy. Le bailli était choisi par le comte parmi ses conseillers les plus proches, il était entouré d’un lieutenant, d’un assesseur général, d’un procureur et de deux conseillers. La salle du bailliage fut surmontée d’une tour matérialisant le pouvoir croissant des habitants représentés par les échevins. Les habitants obtiennent l’autorisation de placer en haut de la tour une horloge, une cloche et d’assurer le guet.

Une tour appelée Beffroi

Les fonctions d’un beffroi étaient multiples. Il constituait un point d’observation pour signaler les incendies, l’arrivée des ennemis ou des pillards. Il était un point de repère pour rythmer la vie économique et marchande : la cloche sonnait l’ouverture des portes de la ville le matin et leur fermeture à minuit. La cloche cadençait aussi la vie quotidienne des travailleurs qui se consacraient aux travaux des champs.

Les villes médiévales se dotent ainsi progressivement d’une horloge monumentale sur une tour beffroi, symbole des libertés communales. C’est un gouverneur de l’horloge qui se chargeait de l’entretien du mécanisme. En effet, au XVe siècle, les horloges à une seule aiguille fonctionnaient grâce à des mouvements à échappement et roue de rencontre et se déréglaient de presque une heure par vingt-quatre heures, d’où la nécessité d’un cadran solaire accompagnant ces horloges pour la remise à l’heure quotidienne.

Heurs et malheurs du Beffroi de Nevers

Les anciennes halles précédant le beffroi appartenaient aux religieux du prieuré de La Charité-sur-Loire. Les abords de la grande boucherie ressemblaient à une cour des miracles, c’est pourquoi en 1398 le comte Philippe prit la décision de renouveler ce quartier et de reconstruire les dites Halles. Les religieux fournirent cent cinquante pieds de chêne de la forêt des Bertranges, ce bois permit entre autre d’assembler la charpente de châtaignier en carène de bateau de la salle du bailliage considérée encore aujourd’hui comme l’un des plus beaux ouvrages de bois de la ville.

La construction commença en 1400 sous la direction de Jean des Amognes qui venait de terminer la Porte du Croux. La tour enfin bâtie, on voulut la doter de la précieuse horloge et d’une cloche, mais on constata que l’ouvrage était instable et ne supporterait pas un tel poids. Il fallut 36 ans de plus pour entendre la cloche et lire l’heure aux cadrans. La cloche pesait 4000 livres et était composée d’un alliage de 2680 livres de métal fin, de 900 livres de métal brut et de 500 livres de métal apporté par dons. Jean Chartron, orfèvre, y avait gravé les armes de la ville et des images pieuses. Amenée avec précaution de Saint-Etienne, elle fut installée et retentit pour la première fois le 26 mars 1439.

Les halles sont bientôt masquées par des constructions successives. Le double escalier extérieur couvert d’un appentis et donnant accès à la salle du bailliage, encore visible sur la gravure 1845, disparaît au XIXe siècle. On refit plusieurs fois les cadrans, l’horloge et la toiture de la tour. Après la révolution, on divisa l’espace intérieur pour aménager boutiques et logis. Ces usages se perpétuèrent jusqu’aux années 1950.

Vue du Beffroi © Gildas Bizeul
Vue du Beffroi © Gildas Bizeul