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Journées du patrimoine du 18 au 20 septembre.

Journées du patrimoine

Du 18 au 20 septembre
Ça cartoon, du 12 septembre au 31 octobre à la médiathèque

Ça cartoon

Du 12 septembre au 31 octobre - Médiathèque Jean-Jaurès
Caf'Echange #45

Caf'Echange #45

Ven. 18 septembre à 18 h, Hello World (4 rue du 13e de Ligne)
L'exposition La Jonction d'hier à aujourd'hui se tiendra du 25 août 2020 au 1er septembre 2021.

Exposition La Jonction d'hier à aujourd'hui

Promenade Pascal-François - Jusqu'au 01/09/2021
Cette exposition temporaire est à découvrir jusqu'au 27 septembre au musée de la Faïence et des Beaux-arts.

Exposition François Bonhommé

Musée de la Faïence - Jusqu'au 27/09
Mercredi 5 février 2020

Un regard changé entre jeunes et aînés

Gaby Rémy et Yasmine Mohamed-Hadj (au centre) ont apprécié la rencontre avec les personnes âgées, l'été 2019.
Durant l’été 2019, la Ville de Nevers et le Centre communal d’action sociale ont mis en place un dispositif original, « Les jeunes veillent sur leurs aînés ». L’objectif, améliorer les relations intergénérationnelles sur fond de canicule, a été atteint. Quelques mois plus tard, deux des participants, Yasmine Mohamed-Hadj et Gaby Rémy, n’ont rien oublié de cette expérience qui les a marqués.

L’été dernier, Yasmin Mohamed-Haj (au centre sur la photo avec le T-shirt blanc) a participé à l’expérimentation « Les jeunes veillent sur leurs aînés », lancée par la Ville et le CCAS avec l’association Interstice pour opérateur. Désormais étudiante en 1ère année de Langues étrangères appliquées (LEA) à Clermont-Ferrand, la jeune fille de la Grande-Pâture a vu son regard changer sur les personnes âgées de son quartier et des autres QPV (quartiers Politique de la ville) de Nevers : « Elles sont beaucoup plus solitaires que je le pensais. Beaucoup n’ont plus de contact avec leur famille. Je me souviens d’une dame qui n’était pas sortie de chez elle depuis des mois. C’est quelque chose que l’on n’imagine pas. Je me suis rendu compte aussi que beaucoup de personnes âgées avaient aussi une très mauvaise image des jeunes. Certaines ne voulaient pas nous ouvrir. J’espère que l’image s’est améliorée. Maintenant, quand je croise des aînés dans la rue, je vais leur dire bonjour, elles sont contentes. »

Originaire d’Erythrée, élevée selon les préceptes de l’attention aux aînés de la famille, Yasmin a vécu ces quelques semaines avec une intensité particulière : « Chaque jour ma mère me demandait de lui raconter. Ça la touchait, elle était fière de moi. Je ne regrette pas de l’avoir fait. Moi qui suis un peu renfermée, j’ai moins peur d’aller vers les gens. Ça m’aide beaucoup. Je suis assez fière de moi. »

Aussi extraverti que Yasmin est discrète, Gaby Rémy a lui aussi été changé par ces quelques semaines caniculaires auprès des aînés : « Cela m’a permis d’avoir un meilleur contact avec les gens, d’avoir un langage un peu plus soutenu », explique le volubile gaillard de 19 ans, arrivé seul à Nevers de sa Martinique natale en août 2018.

Si certains de ses camarades appréhendaient la rencontre avec les aînés, lui a abordé l’expérience sereinement : « Ma maman est aide ménagère, je l’accompagnais souvent chez des personnes âgées. » Son sourire XXL et son bagout de futur conseiller en vente et en esthétique (il prévoit d’intégrer une école à Paris) ont arrondi les angles : « J’ai apprécié ce rapprochement avec les personnes âgées, qui souvent n’ont pas une très bonne image des jeunes. Beaucoup étaient très réticentes, très vigilantes, au début elles nous prenaient pour de faux agents. L’expérience a été magnifique, il y a eu des hauts et des bas, mais au final c’était super. J’ai eu de très bons moments, par exemple la rencontre avec une dame rescapée des camps de concentration. Et j’ai pu fréquenter d’autres jeunes, c’était bien. »

Comme Yasmin, avec laquelle il faisait souvent équipe, Gaby a été marqué par l’isolement de certains habitants au milieu de quartiers fourmillant de vie : « Je me souviendrai toujours de cette dame qui n’était pas sortie de chez elle depuis deux mois. Ça m’a fait mal. Ma façon de voir les personnes âgées n’est plus la même. »

Sébastien Chabard