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Journées du patrimoine du 18 au 20 septembre.

Journées du patrimoine

Du 18 au 20 septembre
Ça cartoon, du 12 septembre au 31 octobre à la médiathèque

Ça cartoon

Du 12 septembre au 31 octobre - Médiathèque Jean-Jaurès
Caf'Echange #45

Caf'Echange #45

Ven. 18 septembre à 18 h, Hello World (4 rue du 13e de Ligne)
L'exposition La Jonction d'hier à aujourd'hui se tiendra du 25 août 2020 au 1er septembre 2021.

Exposition La Jonction d'hier à aujourd'hui

Promenade Pascal-François - Jusqu'au 01/09/2021
Cette exposition temporaire est à découvrir jusqu'au 27 septembre au musée de la Faïence et des Beaux-arts.

Exposition François Bonhommé

Musée de la Faïence - Jusqu'au 27/09
Jeudi 2 août 2018

Un café et l’addition des souvenirs

Au Bistrot mémoire, on chante, on sourit, on collecte le passé, immédiat ou enfoui, en chantant par exemple Nationale 7, l'un des "tubes" de Trenet.
Au Bistrot mémoire de Nevers, des malades d’Alzheimer et leurs proches partagent bien plus qu’un café et des gâteaux. Des heures joyeuses volées au temps qui fuit.

C’est un café sans comptoir ni moleskine. On y entre sans frapper, on en part sans payer. Le Bistrot mémoire est un havre singulier, posé un jeudi après-midi par mois dans la médiathèque Jean-Jaurès, à Nevers. Un café éphémère et précieux, à l’entrée duquel les malades d’Alzheimer (ou autres troubles cognitifs) et leurs proches déposent un quotidien oppressant, les repères qui s’effritent, les souvenirs qui s’enfuient.

Au Bistrot mémoire, on chante, on sourit, on collecte le passé, immédiat ou enfoui. « On parle de tout et de rien. On lance un thème, comme la RN7, les photos de jeunesse, qui permet d’amorcer la discussion, dans la liberté d'expression », explique Violaine Lefebvre, infirmière coordinatrice de la plateforme d’accompagnement et de répit, qui a ouvert le Bistrot mémoire en janvier 2016. « Un tel lieu manquait dans notre dispositif. C’est un endroit où le malade et l’aidant ont la parole, la même parole. » Certains papotent, d’autres écoutent en silence. Un aidant reste fidèle au rendez-vous, après le décès de sa femme : « Ici, c’est sa bouée de sauvetage. » L’anonymat, s’il est souhaité, est respecté : « On ne prend pas les noms, il n’y a pas de registre d’inscriptions. »

Ce jour-là, c’est l’exposition sur la Nationale 7 qui sert d’amorce aux discussions. « C’est ici le groupe de la mémoire ? », demande timidement une mamie. Une femme accompagne ses parents, octogénaires : « Nous venons depuis un an. Avec ma sœur, on se relaie. Ma mère a été diagnostiquée Alzheimer il y a un an ; elle a des initiatives un peu inattendues. Mon père, lui, n’est pas Alzheimer mais il est éteint. Ils vivent toujours chez eux. Le Bistrot mémoire, cela les sort. Sinon, ils ne feraient rien du tout. Leur état est très fluctuant : ils étaient formidables pour leur anniversaire de mariage, puis il y a eu le contrecoup. On marque les rendez-vous au Bistrot mémoire à leur agenda. Ils viennent sans souci, mais ils se tiennent un peu à l’écart. »

Avec les autres participants, le couple chantonne Nationale 7, de Charles Trenet, entonné par une animatrice : « On va voir l’exposition, et au retour on chantera La Madrague. » L’ambiance est légère, la maladie invisible, comme projetée au-delà de la verrière de la médiathèque, sous laquelle le Bistrot mémoire forme un cercle paisible. Pourquoi la médiathèque, et pas un « vrai » café ? « Parce que les femmes ne vont pas au bistrot », sourit Violaine Lefebvre. « Et la médiathèque nous aide beaucoup, elle est hyper motivée pour les projets nouveaux. Par exemple, nous avons fait une séance sur les livres qui ont marqué l’enfance de chacun : la médiathèque les a recherchés, et a pu les retrouver. »

Le Bistrot mémoire de Nevers est un lieu rare : « Nous ne sommes que deux en Bourgogne. Le second est à Montceau. » Il fait partie de l’Union des Bistrot mémoire, basée à Rennes, où est né le concept. Une étude d’impact commandée par l’association a mis en lumière le rôle social essentiel que jouent ces espaces de rencontre ; ils permettent aux aidants de prendre du recul, d'alléger le fardeau écrasant du quotidien, mais aussi de rétablir le lien humain abîmé par la maladie, et d'apporter enfin un peu du plaisir envolé avec les souvenirs.