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Le prochain Caf'échange aura lieu jeudi 19 décembre à 18 h 15, à Céréa - Le Banlay (49 boulevard Maréchal Juin).

Caf'échange #35

Jeudi 19 décembre à 18 h 15 - Céréa Banlay
D'un bout à l'autre de Nevers, célébrons ensemble les fêtes de fin d'année.

Nevers en fête

Du 1er au 31 décembre
Exposition "Vaisselle en terre cuite à Neubrandenburg au XXe siècle", musée de la Faïence et des Beaux-arts, du 18/09 au 29/12/2019.

Expo vaisselle en terre cuite

18/09 > 29/12 - Musée de la Faïence
Découvrez les mille et une facettes du trompe-l’œil avec l'exposition temporaire du musée de la Faïence et des beaux-arts Frédéric-Blandin.

Expo trompe-l'oeil contemporains

5/10 > 29/12 - Musée de la Faïence et des Beaux-arts
Jeudi 2 août 2018

Un café et l’addition des souvenirs

Au Bistrot mémoire, on chante, on sourit, on collecte le passé, immédiat ou enfoui, en chantant par exemple Nationale 7, l'un des "tubes" de Trenet.
Au Bistrot mémoire de Nevers, des malades d’Alzheimer et leurs proches partagent bien plus qu’un café et des gâteaux. Des heures joyeuses volées au temps qui fuit.

C’est un café sans comptoir ni moleskine. On y entre sans frapper, on en part sans payer. Le Bistrot mémoire est un havre singulier, posé un jeudi après-midi par mois dans la médiathèque Jean-Jaurès, à Nevers. Un café éphémère et précieux, à l’entrée duquel les malades d’Alzheimer (ou autres troubles cognitifs) et leurs proches déposent un quotidien oppressant, les repères qui s’effritent, les souvenirs qui s’enfuient.

Au Bistrot mémoire, on chante, on sourit, on collecte le passé, immédiat ou enfoui. « On parle de tout et de rien. On lance un thème, comme la RN7, les photos de jeunesse, qui permet d’amorcer la discussion, dans la liberté d'expression », explique Violaine Lefebvre, infirmière coordinatrice de la plateforme d’accompagnement et de répit, qui a ouvert le Bistrot mémoire en janvier 2016. « Un tel lieu manquait dans notre dispositif. C’est un endroit où le malade et l’aidant ont la parole, la même parole. » Certains papotent, d’autres écoutent en silence. Un aidant reste fidèle au rendez-vous, après le décès de sa femme : « Ici, c’est sa bouée de sauvetage. » L’anonymat, s’il est souhaité, est respecté : « On ne prend pas les noms, il n’y a pas de registre d’inscriptions. »

Ce jour-là, c’est l’exposition sur la Nationale 7 qui sert d’amorce aux discussions. « C’est ici le groupe de la mémoire ? », demande timidement une mamie. Une femme accompagne ses parents, octogénaires : « Nous venons depuis un an. Avec ma sœur, on se relaie. Ma mère a été diagnostiquée Alzheimer il y a un an ; elle a des initiatives un peu inattendues. Mon père, lui, n’est pas Alzheimer mais il est éteint. Ils vivent toujours chez eux. Le Bistrot mémoire, cela les sort. Sinon, ils ne feraient rien du tout. Leur état est très fluctuant : ils étaient formidables pour leur anniversaire de mariage, puis il y a eu le contrecoup. On marque les rendez-vous au Bistrot mémoire à leur agenda. Ils viennent sans souci, mais ils se tiennent un peu à l’écart. »

Avec les autres participants, le couple chantonne Nationale 7, de Charles Trenet, entonné par une animatrice : « On va voir l’exposition, et au retour on chantera La Madrague. » L’ambiance est légère, la maladie invisible, comme projetée au-delà de la verrière de la médiathèque, sous laquelle le Bistrot mémoire forme un cercle paisible. Pourquoi la médiathèque, et pas un « vrai » café ? « Parce que les femmes ne vont pas au bistrot », sourit Violaine Lefebvre. « Et la médiathèque nous aide beaucoup, elle est hyper motivée pour les projets nouveaux. Par exemple, nous avons fait une séance sur les livres qui ont marqué l’enfance de chacun : la médiathèque les a recherchés, et a pu les retrouver. »

Le Bistrot mémoire de Nevers est un lieu rare : « Nous ne sommes que deux en Bourgogne. Le second est à Montceau. » Il fait partie de l’Union des Bistrot mémoire, basée à Rennes, où est né le concept. Une étude d’impact commandée par l’association a mis en lumière le rôle social essentiel que jouent ces espaces de rencontre ; ils permettent aux aidants de prendre du recul, d'alléger le fardeau écrasant du quotidien, mais aussi de rétablir le lien humain abîmé par la maladie, et d'apporter enfin un peu du plaisir envolé avec les souvenirs.