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Mardi 14 novembre 2017

Tilt, et la lumière... flûte

Joce Mienniel et son quartet ont nappé l'auditorium Jean-Jaurès dans le noir hypnotisant de Tilt.
Depuis sa naissance, D'Jazz Nevers Festival joue à saute-frontières avec tous les territoires musicaux. Trip-hop à boucles, rock progressif gavé de synthés et western "leonien" étaient les invités, plus très surprises donc, de l'auditorium Jean-Jaurès, lundi soir. Le temps de Tilt, pièce noire et éclatante du quartet porté par le flûtiste Joce Mienniel.

Avec Tilt, Joce Mienniel venge toutes les générations de collégiens gorgés de Metallica condamnés à ânonner Au clair de la lune à la flûte à bec. Sa cousine la flûte traversière peut être ardente et rageuse, rivaliser avec une guitare "gilmourienne" et tenir la dragée haute à la batterie syncopée. Bref, arracher son étiquette d'instrument romantique attrape-bergère et la faire flamber à la mode d'Hendrix.

Premier prix jazz 2004 du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Joce Mienniel n'a de cesse d'emmener son art et sa flûte sur les chemins de traverse. Le quadragénaire a le diable au Korg MS20 - ce synthétiseur champion de la distorsion prisé des artistes du trip-hop et de l'électro - et revendique Soft machine, l'un des totems du rock psychédélique, parmi ses influences majeures... avec Ennio Morricone. Tilt - la fin de partie d'un flipper trop secoué - est donc issu de son shaker et a plongé l'auditorium Jean-Jaurès dans un big bang après le KO.

Un noir profond, hypnotisant, d'où montent les mélopées amples de la guitare et les boucles primitives d'une vie au ralenti. Une saturation de couleurs où l'on croit reconnaître Portishead, Tricky, Pink Floyd période Echoes ou Shine on you crazy diamond. Puis on débranche et on se laisse porter par les pulsations d'une batterie primale et le débit fiévreux d'une flûte traversante. "Same player shoot again"...

 

Sébastien Chabard

En savoir plus

Le 31e D'Jazz Nevers Festival se poursuit jusqu'au 18 novembre. Programme complet sur www.djazznevers.com