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Exposition "Vaisselle en terre cuite à Neubrandenburg au XXe siècle", musée de la Faïence et des Beaux-arts, du 18/09 au 29/12/2019.

Expo vaisselle en terre cuite

18/09 > 29/12 - Musée de la Faïence
Découvrez les mille et une facettes du trompe-l’œil avec l'exposition temporaire du musée de la Faïence et des beaux-arts Frédéric-Blandin.

Expo trompe-l'oeil contemporains

5/10 > 29/12 - Musée de la Faïence et des Beaux-arts
Samedi 27 janvier 2018

Pierre-Guilhem Métayer, dans l'âme d'un chercheur d'art

Pierre-Guilhem Métayer, commissaire-priseur du bout du monde à Nevers.
Son travail ne se réduit pas au théâtre des enchères. Le commissaire-priseur Pierre-Guilhem Métayer palpite pour les trésors nichés dans les pavillons, l’éclat cristallin des rencontres. Une quête du beau qui n’a pas de prix.

Ses poussées d’adrénaline ne sont pas à Cannes, quand il orchestre une vente de charité entouré de Paris Hilton, Leonardo Di Caprio et Sharon Stone. Chaque fois que Pierre-Guilhem Métayer prend sa voiture pour une succession dans la Nièvre, son cœur de commissaire-priseur martèle la chamade, car la pêche sera miraculeuse et presque systématique. « Il est très rare que je fasse un inventaire et que je ne trouve rien. Je vis pour ces découvertes », explique-t-il.

Dans ses filets, pêle-mêle, un astrolabe du XVIIIe siècle dormant dans un grenier et vendu plusieurs centaines de milliers d’euros au Louvre Abu Dhabi, des vases exceptionnels en porcelaine de Sèvres, ou deux grenouilles du céramiste Jean Carriès : « J’étais dans une maison, à quelques kilomètres de Nevers. Les sculptures étaient en bas d’une étagère, dans l’obscurité. J’aurais pu passer à côté. Dès que je les vois, je sais qu’on peut atteindre un prix record. C’est ça mon métier. »

L’aboutissement de l’histoire, le spectacle de la vente aux enchères où « il faut créer le désir pour que l’acheteur ne pense plus au prix », n’est pourtant pas ce qui meut principalement Pierre-Guilhem Métayer : « L’émotion que j’ai ressentie en découvrant les sculptures de Carriès, c’était impossible de la masquer. »

Pour l’Indiana Jones placide en lambswool, la Nièvre est une carte aux trésors : « J’avais d’abord un bureau à Paris, puis un second à Nevers, qui devait n’être ouvert que le samedi. Mais en fait j’ai énormément de travail sur la Nièvre, le Cher, l’Allier, la Saône-et-Loire. Ici, beaucoup de choses sont encore conservées dans les familles. » Et souvent les vraies merveilles s’ignorent : « Le trésor n’est jamais celui que les gens imaginent. Les goûts ont changé, la valorisation a changé. Ce qui est précieux, ce n’est plus le mobilier. Alors que les arts asiatiques ou du Moyen-Orient ont connu une flambée extraordinaire des prix, depuis dix ans. »

Autant que l’objet rare, Pierre-Guilhem Métayer prise la rencontre : « C’est un métier de passion. Si on ne le fait que pour l’enrichissement, les clients le sentent. Un commissaire-priseur a un rôle primordial dans la paix des familles. Il ne doit pas faire d’erreur dans le descriptif et l’estimation. De son avis peuvent découler les plus grandes satisfactions ou des catastrophes familiales. »

Fils, petit-fils et arrière-petit-fils de notaires, Pierre-Guilhem Métayer a baigné dans l’univers des successions, des ventes aux enchères que lui racontait sa grand-mère, et des beaux objets qui le fascinaient chez Mme Malet, antiquaire rue de la Cathédrale : « J’allais chez elle avec mes parents. Elle me disait : "Plus tard, tu seras commissaire-priseur." Je lui répondais que je serais vétérinaire. En fait, je luttais contre ma vraie aspiration. »

À 37 ans, sa vie harassante navigue entre province et Paris mais son cœur reste « 100 % neversois ». Il se fait volontiers ambassadeur de sa ville auprès de ses clients : « Qu’ils soient anglais, américains ou suisses, ils sont tous impressionnés par notre patrimoine. » Son attachement au musée de la Faïence et des Beaux-arts est également indéfectible, et l’a incité à devenir un mécène essentiel pour l’acquisition du fonds de la faïencerie Montagnon : « J’aurais trouvé ça terrible d’être celui qui disperse un fonds dont la place est au musée. »

 

Sébastien Chabard