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La fermeture de la piscine des Bords de Loire en 2019 donne l'occasion de créer un nouveau lieu structurant pour le quartier des Bords de Loire et pour Nevers.

Bords de Loire : réunion publique

Vend. 6 nov. à 18 h - Salle des Bords de Loire
Exposition Jacques Braunstein

Exposition Jacques Braunstein

Jusqu'au 31/12 - Musée de la Faience
L'exposition La Jonction d'hier à aujourd'hui se tiendra du 25 août 2020 au 1er septembre 2021.

La Jonction d'hier à aujourd'hui

Prom. Pascal-François > 01/09/21
Ça cartoon, du 12 septembre au 31 octobre à la médiathèque

Ça cartoon

Du 12 septembre au 31 octobre - Médiathèque Jean-Jaurès
L'exposition Céramiques de La Montagne - Saint-Honoré-les-Bains est le fruit d'une donation majeure au musée de la Faïence et des Beaux-arts. A découvrir jusqu'à la fin de l'année 2020.

Céramiques de La Montagne

Musée de la Faïence - Jusqu'au 28/12
Mardi 29 septembre 2020

Pépinière d’actions pour la revitalisation

La revitalisation commerciale de Nevers mise sur l’imagination, l’implication, et sur l’humain, plus que jamais.
Bataille au long cours engagée en 2014, rendue plus épique par la crise sanitaire, la revitalisation commerciale de Nevers mise sur l’imagination, l’implication, et sur l’humain, plus que jamais.

Depuis quelques semaines, les porcelaines et grès noirs de Williams Peneau étoffent la palette de l’offre commerciale de l’hypercentre neversois. Installé rue des Ardilliers, tout près de la porte de Paris, L’Atelier de Williams marque d’une pierre blanche la jeune histoire d’un dispositif initié par la Ville de Nevers : les pépinières commerciales et artisanales.

Rue des Ardilliers, rue François-Mitterrand, place Saint-Sébastien, ce triptyque tressant l’axe principal du commerce local a souffert comme les autres des années de déclin qui ont frappé Nevers comme tant d’autres villes. Vitrine à restaurer, locomotive à relancer, artère à régénérer : quelle que soit la métaphore, la nécessité de la revitalisation s’impose comme une évidence, et une urgence. Neuf locaux longuement vacants disséminés sur ces quelques centaines de mètres ont donc été ciblés comme autant de pépinières.

Le dispositif est limpide : des discussions avec les propriétaires pour « réfléchir » (infléchir, surtout) le loyer et mener des travaux de mise aux normes d’accessibilité et de sécurité, un bail d’un an renouvelable deux fois pour le locataire, qui bénéficie d’un loyer progressif, grâce à une prise en charge par la Ville de 50 % la première année et de 25 % la deuxième. Des conditions qui permettent à un porteur de projet d’envisager avec un peu moins de pression le début de son activité, et au propriétaire d’en finir avec la vacance – et la dégradation afférente – de son bien.

« J’ai la liberté de rester un, deux ou trois ans. Et si ça se passe bien, je peux rester à la fin de ces trois ans », apprécie Williams Peneau. « C’est une souplesse vraiment intéressante, surtout dans le contexte que nous traversons. » L’artisan d’art a été rapidement séduit par le principe de la pépinière, et plus largement par l’accompagnement du service Commerce et artisanat depuis fin 2019. Installé près de Montauban, lui qui souhaitait se rapprocher de ses parents vivant dans le sud de la Nièvre avait contacté les municipalités de Nevers et Moulins : « Dès le lendemain, j’ai reçu un mail de Geneviève Laurent (chargée de l’accompagnement des porteurs de projet au service Commerce et artisanat, NDLR), qui me proposait d’organiser au plus vite une rencontre et une visite de Nevers. »

Une nouvelle offre convaincante

Grâce au WIN (Welcome in Nevers) de Nevers Agglomération, le séjour découverte de l’artisan d’art est pris en charge. Une redécouverte, plutôt : « Je suis originaire de Jouet-sur-l’Aubois et j’ai été élève au lycée Raoul-Follereau. Mais cela faisait 20 ans que je n’étais pas venu à Nevers. » L’offre le convainc rapidement : « Je vais avoir une vraie boutique en centre-ville, où je pourrai tourner mes pièces et faire la première cuisson. »

Propriétaire du local depuis une dizaine d’années, Bernard Gelé a accepté facilement la proposition d’intégrer les pépinières artisanales et commerciales : « Le magasin avait fermé en février 2019, et je trouvais que mon local ne se relouait pas assez vite. Quand l’agence immobilière m’a fait part de cette possibilité, j’ai dit oui. Je peux dire que j’ai perdu quelques plumes, car j’ai consenti une baisse de loyer relativement importante, mais il vaut mieux gagner un peu que rien du tout. C’est aussi une façon pour moi de rendre à la ville ce qu’elle m’a apporté. Je ne suis pas originaire d’ici mais j’ai été bien accueilli. Et je crois en cette ville, je vois que beaucoup d’efforts sont faits. »

Inspirée par l’exemple de Dole (Jura), où une délégation neversoise s’est rendue en février 2019, la pépinière commerciale et artisanale est une nouvelle arme de la Ville de Nevers pour la relance du commerce en centre-ville : « La Ville est locataire de ces surface et elle les sous-loue aux porteurs de projet. C’est une façon d’aider une jeune entreprise à s’installer avec un risque minimum », explique Pierrette Concile, adjointe déléguée au commerce, à l'artisanat, à l'artisanat d'art, au tourisme et à l'événementiel. La pépinière illustre une nouvelle approche, plus offensive, qui fait de la Ville (et de Nevers Agglomération, avec laquelle les liens se sont renforcés depuis le confinement) un acteur du marché de l’immobilier commercial. La symbiose avec les chambres consulaires, BGE (ex-Boutique de gestion) et les Vitrines de Nevers et du Grand Nevers a elle aussi pris une nouvelle ampleur dans les tourments sanitaires du printemps.

L'importance de l'après-confinement

Déjà reconnue, l’action du service Commerce et artisanat s’est intensifiée aux côtés des commerçants et artisans de l’ensemble de la ville. Tous ont ainsi reçu la visite, dès les prémices du déconfinement, de Fanny Valigny, chargée de l’accueil et de l’accompagnement des commerces et artisans, venue sonder le moral des troupes et leur rappeler que « le service était toujours là, physiquement », après des mois d’échanges virtuels par mail. Primordial pour le commerce non sédentaire, le maintien des marchés pendant le confinement a laissé place, à partir de mai puis durant l’été, à des campagnes de communication et d’animations qui ont favorisé le retour des clients vers ces poumons économiques et sociaux. Quant aux cafés et restaurants, fermés jusqu’à début juin et bridés par les contraintes sanitaires, ils ont obtenu des extensions gratuites de terrasses – une trentaine au total. Enfin, l’autorisation de déballage habituellement accordée le samedi a été étendue à toute la semaine.

Appréhendée par tous, avec ses menaces de licenciements de masse, la rentrée verra de nouveaux dispositifs d’aide, régionaux ou nationaux (via Action Cœur de Ville), s’ajouter aux moyens déjà en place. Sans se substituer à l’accompagnement humain, inlassable et permanent, qui, comme le souligne Pierrette Concile, « vaut largement les exonérations et les subventions ».

Sébastien Chabard