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Le nouveau rendez-vous bien-être organisé par la Ville de Nevers au kiosque du parc Roger-Salengro.

1,2,3... Bougeons ! au parc Salengro

Les vendredis à 18h : 5-12-19-26/07
Rendez-vous incontournables de l'été, ne manquez pas les marchés du mercredi, à partir de 14 h, au parc Roger-Salengro : les 10 et 24 juillet, 7 et 21 août.

Marchés de l'été

10 & 24/07, 7 & 21/08, à partir de 14 h - Parc Salengro
Jusqu'au 31 août 2019, faites le plein d'animations avec un Été à Nevers, Nevers Plage, le 14-Juillet...

Un été à Nevers 2019

Le plein d'animations !
Lundi 1 avril 2019

L’ESAT Fernand-Poirier fier de ses savoir-faire

La Reconnaissance des savoir-faire professionnels (RSFP) a mis à l'honneur des travailleurs de plusieurs ESAT nivernais, fin janvier à l'AFPA.
En Bourgogne, l’Etablissement et service d’aide par le travail (ESAT) Fernand-Poirier détient le record du nombre de travailleurs valorisés par la Reconnaissance des savoir-faire professionnels (RSFP). A la croisée de l’entreprise et de l’action sociale depuis sa création en 1972, le plus grand centre nivernais pour travailleurs handicapés évolue dans une logique de plus en plus forte de compétitivité et de maîtrise technologique.

L’émotion empourpre les joues et embrase les regards en ce matin de janvier. Dans la salle de réception de l’AFPA de Nevers, les récipiendaires de la Reconnaissance des savoir-faire professionnels (RSFP) montent un à un sur l’estrade écouter la liste de leurs compétences validée par un jury et auréolée d’un diplôme. Les collègues, référents et responsables des Etablissements et services d’aide par le travail (ESAT) de Clamecy, Cosne et Nevers applaudissent, congratulent les héros – et héroïnes – du jour.

Parmi les lauréats, la plupart viennent de l’ESAT Fernand-Poirier, installé dans la zone industrielle Nevers-Saint-Eloi et géré par la Sauvegarde 58. Le plus grand ESAT de la Nièvre, avec son agrément pour 138 travailleurs handicapés, et un pilier de la RSFP : « Nous avons été les premiers en Bourgogne à nous lancer, il y a une dizaine d’années », explique Francis Bardot, directeur du site. « Nous voulions faire reconnaître le fait que nos travailleurs sont sur des gestes quotidiens qui nécessitent un savoir faire professionnel. Nous avons le plus grand nombre de travailleurs diplômés en Bourgogne. Chaque année, nous avons une dizaine de candidats. La toute première remise de diplômes avait eu lieu au Palais ducal, avec les élus, des parrains, l’ex-international de rugby Gérald Merceron. C’était une très grande fierté. »

La fierté, précisément, est le moteur de la RSFP pour les travailleurs handicapés et pour leurs moniteurs : « La préparation est un travail en binôme, qui renforce la relation et améliore la connaissance humaine. L’accompagnant est aussi conforté dans la qualité de son travail éducatif, car il a amené le travailleur à faire valoir une reconnaissance professionnelle. Parallèlement à la RSFP, nous avons lancé la VAE (validation des acquis de l’expérience) de niveau 5, c’est-à-dire niveau CAP. »

Précieuses pour l’estime de soi des travailleurs de Fernand-Poirier, ces initiatives ne forcent toutefois pas les portes du marché de l’emploi classique : « L’objectif de l’ESAT est de préparer la sortie, mais c’est un vœu pieux », reconnaît Francis Bardot. « On fait de la mise à disposition de certains travailleurs pour des entreprises. » Le directeur du site insiste sur le choix des mots, qui fait sens pour l’insertion professionnelle de ces bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (AAH) : « Ce sont des travailleurs, pas des usagers. » L’ESAT Fernand-Poirier est ainsi financé par deux sources : l’Agence régionale de santé (1,5 million d’euros par an) et la rémunération de sa production, presque équivalente (1,3 million d’euros) : « Les travailleurs touchent une part fixe et une part variable. »

Si par le passé les CAT trouvaient sans peine des missions de sous-traitance pour des entreprises sur des tâches sans forte valeur ajoutée, la situation a changé : « Il ne suffit pas de taper à la porte des entreprises pour avoir du travail. Le contexte est différent. Nous sommes avant tout un partenaire industriel, qui doit garantir une qualité et une capacité de travail. Nous avons des audits internes et externes, ce qui veut dire que nous devons être dans une démarche de qualité. »

Plus concurrentiel, le monde de la sous-traitance implique la quête permanente de nouveaux marchés : « Nous développons la menuiserie depuis deux ans, grâce à un investissement dans un matériel performant, un centre d’usinage à commandes numériques. Nous travaillons beaucoup avec Eurosit. » Look Cycles, Gates, SOREC, Axa Stenman figurent aussi sur la carte de visite de l’ESAT, qui a formé ses travailleurs aux nouvelles méthodes de conditionnement, comme le skin-pack. Thermosoudure, soudure à haute fréquence, thermoformage font également partie du vocabulaire de Fernand-Poirier : « On a des travailleurs qui apprécient de découvrir de nouvelles technologies et ont moins peur de l’inconnu. »

A côté de ses activités de sous-traitance ou du lavage de voitures pour des particuliers et surtout des garages de l’agglomération, l’ESAT cultive une pépite singulière : la fabrication de trottinettes, patinettes, draisiennes pour les collectivités locales, les écoles, centres de loisirs, etc. Il vend la marque DoRéMi par l’intermédiaire de Manutan Collectivités et vend en direct la marque Bovélo: « Nous sommes le seul fabricant de France. Nous faisons 1 600 à 1 700 jouets porteurs par an, dans trois collections. Nous assurons même la fabrication d’une marque historique, Baron Mistral, depuis quatre ans. » Les travailleurs de cet atelier ont acquis une maîtrise du travail des tubes en acier qui a permis à l’ESAT de décrocher le marché de l’assemblage des Geebees, trottinettes électriques québécoises qui visent un déploiement en France et dans plusieurs pays européens.

Créé en 1972, dans la première vague d’ouverture des Centres d’aide par le travail (CAT), l’ESAT Fernand-Poirier a vu ses effectifs s’étoffer à mesure que la prise en charge du handicap se renforçait (1) : « Le CAT a commencé avec 12 personnes dans un petit local derrière la cathédrale. Puis il a déménagé rue de la Bagatelle (rive gauche, faubourg de Lyon, NDLR), où il y avait 40 à 50 personnes. Il s’est ensuite implanté rue du Champ-Pacaud, dans une ancienne imprimerie. L’agrément est passé de 60 à 120 personnes dans les années 80. Il est aujourd’hui de 138 équivalents temps plein, soit 144 ou 145 travailleurs. Nous sommes le troisième plus gros ESAT de Bourgogne. » La demande en places reste forte : « Nous avons une liste d’attente de 120 personnes. »

 

Sébastien Chabard

 

  1. Est considérée comme travailleur handicapé « toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique », selon la définition du portail travail-emploi.gouv.fr.