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Inscriptions scolaires

Du 1er au 12 mars - Sur rendez-vous : 03 86 68 45 05
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Marche bien-être

Mardis et mercredis à 10 h 30
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"Histoires de fausses nouvelles"

Du 16/02 au 26/03 - Médiathèque Jean-Jaurès
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Mardi 23 février 2021

La révolution douce Megan Mason

Megan Mason : « Les musées ont changé, ils se sont modernisés, ils sont plus faciles d’accès, mais ces métamorphoses restent internes, elles ne sont pas visibles de l’extérieur. C’est l’image à l’extérieur qui doit changer. »
Depuis mi-janvier, Megan Mason est responsable du pôle Patrimoine et Transmission de la Ville de Nevers. Diplômée de l’Ecole du Louvre, la jeune femme passionnée voit sa nomination comme « un défi et un message » face à une mission aussi simple qu’immense : convaincre tous les publics, en particulier les plus jeunes et les plus éloignés, que le patrimoine neversois n’est pas une forteresse inaccessible mais une promesse de bonheur et de beauté.

Volubile, spontanée et naturelle, le regard perpétuellement éclairé d’un sourire invisible sous le masque et une longue chevelure blonde dénouée sans façon, Megan Mason (1) tranche hardiment avec l’image hiératique en velours côtelé que l’on se ferait d’un responsable de pôle Patrimoine et Transmission. « Je n’ai pas le profil type du conservateur du patrimoine », plaisante la grande jeune femme qui délaisse, pour l’entretien, son austère bureau pour une banquette au milieu du musée de la Faïence et des Beaux-arts. « J’aime la notion de dialogue et d’échange. »

A 26 ans, quelques mois à peine après avoir bouclé de solides études à l’Ecole du Louvre et à l’Institut national du patrimoine, la voici à Nevers, où la municipalité lui a fait confiance pour occuper ce poste, tout neuf, de responsable du pôle Patrimoine et Transmission : « D’autres collectivités m’avaient approchée, mais j’ai refusé. J’ai beaucoup apprécié mon échange avec Isabelle Bayet-Blaessinger (directrice adjointe à la Culture et au Développement culturel de la Ville de Nevers, NDLR) ; son approche de l’ouverture aux publics m’a plu. »

Animée par « une bonne appréhension » à l’orée de sa carrière, Megan Mason est consciente que sa nomination est un choix fort de la Ville de Nevers, qui aurait pu jouer la carte du classicisme – références en pagaille et millefeuilles d’expériences professionnelles : « C’est un défi et un message. Le fait d’avoir une responsable jeune peut faciliter le contact. » L’établir, surtout, avec des publics qui en sont restés à l’image de sites patrimoniaux intimidants, voire dissuasifs : « Les musées ont changé, ils se sont modernisés, ils sont plus faciles d’accès, mais ces métamorphoses restent internes, elles ne sont pas visibles de l’extérieur. C’est l’image à l’extérieur qui doit changer. »

L’une de ses missions sera d’enrayer la baisse de fréquentation du musée. Avec les outils de sa génération (« reconstituer la page Facebook, développer le compte Instagram, créer une chaîne Youtube et faire appel à des youtubeurs férus d’histoire »), mais pas seulement : « Le musée a du potentiel, j’aime beaucoup sa combinaison de matériaux anciens et modernes. Et j’ai visité les réserves, une vraie caverne d’Ali Baba ; des trésors y sommeillent. On pourrait aussi offrir aux artistes locaux la possibilité d’exposer ici, nouer des partenariats, pourquoi pas à l’international. »

L’ouverture, au printemps, du Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP) dans les entrailles du Palais ducal sera l’occasion de conforter cette nouvelle approche à l’œuvre dans la ville ducale : « Je trouve que le CIAP est très bien conçu, ses expériences tactiles sont originales. Il faudra que l’on communique beaucoup autour de lui. »

Passée par l’Université François-Rabelais de Tours, Megan Mason affiche une approche humaniste de son management. La ligne la plus récente de son cursus porte ainsi une mention évocatrice : « communication non violente, résolution des conflits, négociation et accompagnement au changement ». La formation suivie à l’Institut national des études territoriales (INET) rehausse un trait de son caractère : « J’ai la réputation d’être quelqu’un de très bienveillant, qui sait stimuler et motiver. Pour moi, un bon responsable de pôle, c’est quelqu’un qui donne une impulsion, qui sait développer et débloquer la créativité. Et l’équipe n’en manque pas. Nous avons une grande marge de manœuvre pour approcher tous les publics, pour donner envie à chacun de se sentir fier de son patrimoine. »

Une affaire de fierté mais aussi – surtout – de plaisir. Celui que procure la fréquentation des arts, dans les musées, des plus simples aux plus grands, mais aussi la contemplation du petit patrimoine, dont la conservatrice est « une grande fan ». Un plaisir qui plonge ses racines dans son enfance et de son adolescence en Eure-et-Loir. Elevée dans un petit village, Chandelles, entre Dreux et Chartres, Megan Mason garde le souvenir lumineux de ses sorties en famille dans la cathédrale chartraine : « J’ai ressenti ma première révélation devant la majesté de la cathédrale, les jeux de lumière de ses vitraux, le fameux bleu de Chartres. »

Depuis, que ce soit au Louvre, sa « seconde maison » fréquentée assidument pendant ses cinq années à l’Ecole du Louvre, devant Le Berceau de Berthe Morisot – sa toile fétiche au musée d’Orsay – ou au Pérou, théâtre de son ultime stage abrégé par le Covid en mars 2020, ou désormais à Nevers, Megan Mason pose sur le patrimoine un regard qui porte l’empreinte émue de ses émerveillements d’enfance : « Regarder une œuvre, un monument, c’est se réconcilier avec le génie humain, la beauté. Cela libère des hormones de bien-être, c’est presque de l’épanouissement personnel. » A faire partager d’urgence.

 

Sébastien Chabard

 

1. Prononcer « Meïssonne », à l’anglaise, nationalité de son grand-père. Des origines péruviennes et méditerranéennes (Espagne, Italie, Grèce, Corse) complètent un tableau génétique mondial.