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Lundi 26 avril 2021

Jean-Luc Doisne, karaté guide

« Le karaté, c’est bien plus qu’un sport. C’est un art qui associe la technique et la créativité. On cherche le perfectionnement du geste, la synthèse du physique et du mental. »
Depuis quarante ans, Jean-Luc Doisne enseigne le karaté à Nevers. Avec la quête du geste parfait et du mental au diapason pour art de vivre.

Quelques DVD de Bruce Lee attirent le regard les rayons riches de sa bibliothèque. Karatéka 6e dan, entraîneur respecté du Karaté Gym Club et du Kirakudo, Jean-Luc Doisne n’a pas oublié d’où venait l’étincelle qui lui a fait pousser les portes du Budokan Nivernais, dès la création du club, en septembre 1976. « C’était la grande époque Bruce Lee, le karaté fleurissait partout, à la télé, dans les reportages », se souvient-il. « Je voulais pratiquer avant 1976, mais mes parents voulaient que je passe d’abord mon CAP et mon permis. »

Presque 45 ans plus tard, la silhouette impeccable du jeune sexagénaire résume la fidélité à une discipline qui lui sert de ligne de vie : « Le karaté, c’est bien plus qu’un sport. C’est un art qui associe la technique et la créativité. On cherche le perfectionnement du geste, la synthèse du physique et du mental. » En première ligne, il a pu observer l’évolution de l’enseignement de cet art martial multiséculaire : « Quand j’ai commencé, les entraînements étaient beaucoup plus basiques, beaucoup plus durs. Aujourd’hui, ils sont plus riches techniquement et avec moins de dureté. Cela reflète l’évolution de la société. Mais le karaté est une bonne école de vie, avec des valeurs à transmettre, une philosophie. On parle de partenaires, pas d’adversaires. »

Devenu entraîneur à 23 ans – « bien trop tôt, car je n’avais pas alors la maturité pour enseigner » –, Jean-Luc Doisne s’épanouit dans la « transmission », qu’il exerce désormais en tant que salarié de l’ADESS après une carrière professionnelle dans l’industrie et surtout le social, en tant qu’éducateur technique dans les centres d’aide par le travail (CAT) : « Avec l’ADESS, je suis mis à disposition des clubs. Je forme des adultes, des hauts gradés, ce qui me pousse à me remettre en cause. »

En 2017, soit trente-cinq ans après sa ceinture noire, il a obtenu son 6e dan (le karaté en compte dix) : « C’est une belle remise en cause, à chaque fois. Si je veux former de hauts gradés, il faut que je continue à passer des grades. » Même s’il repousse les mâchoires inexorables du temps, Jean-Luc Doisne espère désormais trouver des « relais » auxquels transmettre le flambeau : « Je vais aller de plus en plus vers la santé, le bien-être. J’ai pratiqué le yoga pendant quinze ans avant de créer Kirakudo – ki pour énergie, raku pour bien-être, do pour voie. »

Inextinguible, sa quête de la perfection l’a mené en 2018 à Okinawa, berceau du karaté, pour une expérience éblouissante : « J’ai été très bien accepté, avec gentillesse et simplicité. J’y suis resté dix jours, avant d’aller à Tokyo. A Okinawa, je suis allé dans de tout petits dojos, où les aînés transmettent toujours. Là-bas, le karaté n’est pas le même que sur la grande île du Japon, c’est un karaté très fluide, un karaté du long terme. » Taillé à la serpe, son physique illustre la maxime des karatékas : « On n’est peut-être pas les plus forts, mais on est forts longtemps. »

Sébastien Chabard