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Rendez-vous samedi 17 novembre, à 10 h au Palais ducal, pour la 2e édition de la marche bien-être et découverte organisée par la Ville de Nevers.

1, 2, 3... Marchons !

17/11 à 10 h, Palais ducal - Marche découverte
Deux journées pour inviter les petits citadins (et les grands) à la découverte des animaux de basse-cour.

Salon des animaux de basse-cour

Les 17 (9h>18h) & 18/11 (9h>17h30) - Centre-expo
Fêtons ensemble les 60 ans du Ciné-Photo Club ! Une exposition à découvrir au Palais ducal.

Expo Ciné-Photo Club Nivernais

Du 10 au 24/11, Palais ducal
Vendredi 12 janvier 2018

Hommes-femmes, comment finir une histoire qui fait mâle

Jean-Luc Diény, Julien Labia, Marianne Zuzula, Éva Bergera et Caroline Diény ont débattu devant une cinquantaine de personnes.
Placée sous la lumière crue de l'actualité par l'affaire Weinstein et ses répliques, la perversion de la domination masculine est un sujet vieux comme l'immonde, dont la fin est une affaire de politique, de citoyenneté, d'art et d'éducation. De pavés dans la mare et de petits cailloux. Ce chantier tentaculaire et incertain était au centre de la table ronde organisée jeudi 11 janvier à la médiathèque Jean-Jaurès, dans le cadre de l'exposition Contextes consacrée à l'oeuvre de l'artiste Éva Bergera.

Droit de vote, légalisation de la contraception, de l'avortement, instauration de la parité en politique : la lutte pour l'égalité entre hommes et femmes a produit quelques avancées spectaculaires au XXe siècle. Mais en 2017, l'affaire Weinstein a rappelé crûment que des pratiques moyenâgeuses prospéraient dans le monde parfait de Hollywood. Une médiatisation planétaire, salutaire mais en trompe-l'oeil, selon Marianne Zuzula, éditrice de La Ville brûle (1), invitée à la table ronde de l'exposition Contextes, jeudi 11 janvier à la médiathèque Jean-Jaurès : "Des affaires Weinstein, il y en a des dizaines de milliers tous les jours, sauf qu'il ne s'agit pas d'Harvey Weinstein et d'actrices de Hollywood. Tout le monde n'a pas accès à la parole de la même façon : face au harcèlement, ce n'est pas la même chose si vous êtes Oprah Winfrey ou une ouvrière d'usine."

Hydre infiltrée dans le secret des chambres d'hôtel, des lieux de travail et des foyers familiaux, la violente domination masculine n'est plus invisible. Grâce à l'affaire Weinstein, aux hashtags "metoo" et "balance ton porc" ou, plus artistiquement, aux oeuvres d'Éva Bergera, présentées à la médiathèque pour cette première de l'exposition Contextes (voir Actualité du 26 décembre). Tempête sans lendemain ou naissance d'une révolution ? Marianne Zuzula, Éva Bergera, Julien Labia, philosophe et professeur au lycée Alain-Colas, Jean-Luc Diény, professeur d'arts appliqués à l'ESAAB (2), et sa fille Caroline, libraire à Paris, ont oscillé entre optimisme et pessimisme tout au long d'un débat qui s'est déroulé devant une cinquantaine de personnes.

"J'ai vu des hommes déstabilisés sur leur façon d'être en voyant les toiles d'Éva Bergera", affirme ainsi Jean-Luc Diény, versant optimiste, aux métaphores maritimes et potagères : "Ce sont des ondes, des vagues. J'espère que les graines qui ont été plantées vont germer. Mais on ne va pas balayer d'un claquement de doigts deux mille ans de patriarcat." Éditrice d'ouvrages tels que Ni poupées ni super-héros ou Mon super cahier d'activités antisexiste à destination de la jeunesse, Marianne Zuzula insiste quant à elle sur le rôle-clé de l'éducation face aux stéréotypes de la domination masculine : "La première chose qu'il faut apprendre aux enfants, c'est qu'il s'agit d'une construction. (Ces stéréotypes) ne sont pas naturels, donc on peut les déconstruire."

Seule élue présente dans le public, Véronique Lorans, adjointe à la culture, apporte son éclairage : "J'ai vécu cette violence, qui est quotidienne pour la plupart des femmes. C'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Il faut sans cesse défendre l'égalité hommes-femmes, continuer à libérer la parole." Art, politique, éducation, "micro-actions" citoyennes, "il faut intervenir sur plusieurs plans à la fois", estime l'élue, consciente que les évolutions législatives restent essentielles : "Par exemple les quotas sont intellectuellement choquants, mais ils ont permis de faire arriver des femmes au pouvoir."

Abordant avec des pincettes un sujet "doublement dangereux" par son actualité ardente et sa millénaire complexité, Julian Labia assume le rôle du pessimiste : "Je ne suis pas sûr qu'il y ait la volonté que les choses changent. La volonté, c'est déjà le début de l'action." Un avis affiné un peu plus tard : "Ce n'est pas parce que les mentalités vont évoluer que les actions vont se produire." Et de rappeler la "charge mentale" que la distribution des rôles entre hommes et femmes inflige à celles-ci, plus ou moins consciemment : "C'est un poids que l'on finit par s'imposer à soi-même." Marianne Zuzula confirme : "On est tous imprégnés par ça. Déconstruire deux mille ans, c'est long."

Animatrice et protagoniste de la table ronde, Caroline Diény résume finalement l'espoir et la perplexité : "Il faut que les hommes prennent conscience de leur responsabilité, ils ne doivent pas attendre que les femmes passent à l'action. Nous sommes conscients de ce qu'il faut remettre en question, mais c'est difficile de se projeter." Une table ronde copieuse, donc, mais qui laisse forcément sur sa faim.

 

Sébastien Chabard

 

(1) Une maison d'édition basée à Montreuil et engagée notamment pour les droits des femmes.
(2) École supérieure d'arts appliqués de Bourgogne, implantée au lycée Alain-Colas.

En savoir plus

L'exposition - remarquable - d'Éva Bergera s'achèvera samedi 20 janvier, à la médiathèque Jean-Jaurès.
Contact : 03.86.68.48.50.