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Le prochain Caf'échange aura lieu jeudi 19 décembre à 18 h 15, à Céréa - Le Banlay (49 boulevard Maréchal Juin).

Caf'échange #35

Jeudi 19 décembre à 18 h 15 - Céréa Banlay
D'un bout à l'autre de Nevers, célébrons ensemble les fêtes de fin d'année.

Nevers en fête

Du 1er au 31 décembre
Exposition "Vaisselle en terre cuite à Neubrandenburg au XXe siècle", musée de la Faïence et des Beaux-arts, du 18/09 au 29/12/2019.

Expo vaisselle en terre cuite

18/09 > 29/12 - Musée de la Faïence
Découvrez les mille et une facettes du trompe-l’œil avec l'exposition temporaire du musée de la Faïence et des beaux-arts Frédéric-Blandin.

Expo trompe-l'oeil contemporains

5/10 > 29/12 - Musée de la Faïence et des Beaux-arts
Mardi 31 octobre 2017

Dominique Laroche, zoom sur l'homme du Mois de la photo

Portrait de Dominique Laroche, créateur du Mois de la photo en Nièvre
Il a fait d'un modeste rassemblement d'amateurs éclairés un événement ouvert aux renommées mondiales. Dominique Laroche est le socle du Mois de la photo en Nièvre, une biennale qu'il a lancée il y a une quinzaine d'années et développée au-delà de ses objectifs. L'ardent président du Ciné photo club nivernais partage ainsi son amour immodéré et panoramique de la photographie, qu'il pratique avec l'émerveillement des pionniers.

Prunelle allumée d'une lueur malicieuse, Dominique Laroche sort de sa boîte son Stenodom et en présente les ressorts avec une gourmandise de prestidigitateur: "Là c'est un sténopé (1), mais si j'ajoute un objectif j'en fais un appareil photo. Ou alors un polaroïd. Mais je peux faire aussi un plan film." Le bel et lourd objet de bois et de métal est un produit maison, d'où la signature "Stenodom" gravée sur une plaque : "J'ai tout fait de A à Z, avec de la récup. Avec cet appareil, je peux photographier la même chose différemment."

Le président du Ciné photo club nivernais (CPCN) place ses pas dans ceux des pionniers du XIXe siècle qui imaginaient et bricolaient les techniques pour capturer une image puis la fixer sur un support. "J'ai fabriqué mon premier boîtier en 2007. Je suis le seul fou à faire ça", précise le Géo Trouvetou perfectionniste. "Il me faut des centaines d'heures pour en faire un. Par exemple, je mets sept couches de vernis sur le bois. J'en ai fait un pour un photographe de Match, un autre pour un musée..."

L'électrotechnicien retraité, qui a passé l'essentiel de sa carrière au Génie de Fourchambault mais aussi quelques années lumineuses à la Maison de la culture, a contracté le virus comme beaucoup, "avec le premier appareil offert pour ma communion". Le bain familial, d'art et d'artisanat mêlés (père tourneur et musicien, mère couturière), imprime la passion: "Mon père faisait du film. Il m'a donné le goût de l'image, qui ne m'a jamais lâché. Et je n'ai jamais jeté mes boîtiers, comme le Zénith (un reflex) que m'a offert mon grand-père. Je les trouve plus jolis que les appareils numériques."

Calé sous les combles de son pavillon, son antre rassemble en quelques mètres carrés des décennies d'obsession : d'innombrables boîtiers alignés dans un placard et l'attente de résurrection, un agrandisseur démesuré et hors d'âge, une bibliographie dense tassée sur des étagères, et un laboratoire où il réveille d'antiques techniques - le cyanotype, la gomme bichromatée - à l'aide de paraffine, d'albumine, de nitrates d'argent, de sels de fer... ou de Canard WC.

Le résultat, aux frontières de la chimie et de l'art, est à voir dans le salon Dessange, où Dominique Laroche expose ses "Alternatifs procédés" pendant le Mois de la photo en Nièvre (voir ci-contre). Un événement qu'il a créé au début des années 2000, peu après être arrivé à la présidence du CPCN: "Avant, je présidais l'Abysse Club, un club de plongée. Je faisais de la photo sous-marine. J'ai dû laisser tomber à cause de problèmes de dos. En 2001, je suis entré au CPCN. J'ai vu ce que faisaient nos anciens, tous leurs essais. J'ai beaucoup développé ma culture photographique au sein du club, notamment grâce à Claude Linstrument."

Pas d'image sans partage. Ainsi naît le Mois de la photo, "un projet commun avec les autres clubs de la Nièvre": "C'est parti de rien. On voulait montrer les photos des uns et des autres. Une amitié est née." L'exigence et l'enthousiasme font le reste. Depuis l'expo Doisneau en 2013, la biennale a changé de division, séduit des photographes à l'éclat mondial, comme Sabine Weiss en 2015 ou Michel Kirch cette année, sans perdre de vue son souci de révéler des talents nivernais et bourguignons. Dominique Laroche supporte tant bien que mal l'évolution: "Maintenant, le Mois de la photo, c'est deux ans de boulot, sept heures par jour."

 

Sébastien Chabard

 

(1) Ancêtre de l'appareil photographique : une boîte étanche percée d'un trou minuscule.

En savoir plus

Le Mois de la photo en Nièvre se poursuit jusqu'au dimanche 5 novembre. Menu copieux et disponible sur www.moisdelaphotoennievre.com.
"Alternatifs procédés", l'exposition de Dominique Laroche et de Jean-Claude Pronier dédiée aux "techniques d'un autre temps", est visible au salon Dessange, 6 rue Paul-Vaillant-Couturier.