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La promenade Pascal-François est le nouveau donné au site de l'ancienne piscine de la Jonction.

Inauguration de la promenade Pascal-François

Mardi 25 août à 18 h à la Jonction
COVID-19, les gestes barrières.

COVID-19

Ville de Nevers : 03.86.68.46.46 / CCAS : 03.86.71.80.00
Bonne nouvelle, les marchés de l'été auront bien lieu cet été au parc Roger-Salengro, dans le respect des règles de distanciation sociale et des gestes barrières.

Marchés de l'été

Mercredis 5 & 19/08 - Parc Salengro
Un été à Nevers se tient jusqu'au 21 septembre.

Un Été à Nevers

Jusqu'au 21/09
Cette exposition temporaire est à découvrir jusqu'au 27 septembre au musée de la Faïence et des Beaux-arts.

Exposition François Bonhommé

Musée de la Faïence - Jusqu'au 27/09
Lundi 6 juillet 2020

Denis Thuriot : "Faire de Nevers une ville qui compte"

Le maire Denis Thuriot détaille les grandes lignes d'un avenir amorcé sous l'ombre portée du Covid.
Un premier mandat pour "remettre à niveau", un deuxième pour "développer et affirmer" le renouveau de Nevers, le maire Denis Thuriot détaille les grandes lignes d'un avenir amorcé sous l'ombre portée du Covid.

Nevers Ça Me Botte : Avant d’aborder le projet de mandat, revenons sur la crise du Covid. De quelle façon va-t-elle peser sur votre programme ?

Denis Thuriot : La feuille de route sera maintenue. Un projet, c’est un contrat passé entre les élus et les habitants, et on se doit de le réaliser. Dans un mandat, il y a des surprises, bonnes ou mauvaises. On a eu les travaux du beffroi, qui n’étaient pas prévus et qui ont repoussé la réfection du stade de la Baratte. Là, c’est la Covid. À nous d’être bons, d’arbitrer, de trouver des solutions. Dans le précédent mandat, il a fallu trouver des millions d’euros d’économies à faire, pour compenser la baisse des dotations.

NCMB : Quel sera l’effet du Covid sur les finances de la Ville ?

DT : C’est encore un peu tôt pour dire le degré d’impact. Les recettes seront en baisse, mais nous aurons aussi parfois moins de charges à payer. Ce qui est sûr, c’est que l’État va compenser en partie la perte de recettes fiscales. Nous avons la chance d’être dans les programmes Action Cœur de Ville et Territoires d’industrie, qui vont nous aider à amortir l’impact. Et si on n’a pas tout à fait l’argent prévu, il faudra être encore plus inventifs. N’oublions pas que les collectivités comme la nôtre sont des contributeurs de la relance, notamment pour le BTP : si nous ne lancions pas les marchés publics, les entreprises seraient menacées. Et 70 % de ces commandes vont aux entreprises locales.

NCMB : Est-ce que cette crise a changé votre perception du rôle de maire ?

DT : Elle a conforté ma conviction que le maire de Nevers ne peut pas être que le maire. Qu’il doit être aussi le président de l’Agglomération, à savoir « un grand élu » au même titre qu’un parlementaire ou un président de Département. Si je n’avais pas été le président du conseil de surveillance du CHAN et du Groupement hospitalier de territoire, j’aurais été très démuni. J’ai été très présent sur les réseaux (avec un point journalier sur l’évolution de la pandémie dans la Nièvre, NDLR) mais on ne peut pas confiner la population et en même temps la priver d’informations. Cette crise m’a fait prendre conscience que le rôle d’un maire est encore plus global que je le pensais. Et qu’il fallait continuer à aider le CHAN, notre hôpital référent.

NCMB : Venons-en à votre projet de mandat. Comment l’avez-vous bâti, après ces six premières années de maire ?

DT : Le premier mandat était celui de la remise à niveau – des trois équipements culturels, de plusieurs équipements sportifs, de nombreux monuments historiques notamment. Le contexte était difficile mais on a réussi à faire de belles choses, que les électeurs nous ont reconnues. Le mandat qui s’ouvre est celui du développement et de l’affirmation de ce que l’on est. Désormais, on peut lutter avec les autres villes. Mon ambition, c’est faire de Nevers une capitale départementale qui compte en France, une ville que tout le monde sache identifier et repérer facilement et où on a envie de venir.

NCMB : Beaucoup de Neversois sont nostalgiques d’une grandeur passée de leur ville. Vous avez grandi à Nevers. Y a-t-il une période, un âge d’or, qui représente pour vous le mètre étalon de ce que doit redevenir la ville ?

DT : Bien que je préfère regarder devant, je dirais la période durant laquelle Magny-Cours accueillait la F1. Pendant un week-end, Nevers, c’était 150 000 habitants. ça donnait une formidable image de notre ville et des retombées économiques. D’ailleurs, je souhaite que la F1 revienne, en alternance avec le circuit du Castellet car c'est un événement national ; je compte en parler au président de la République.

NCMB : Dans votre programme de campagne, vous évoquiez « une transformation positive de Nevers à l’horizon 2030 ». Pourquoi cette échéance ?

DT : C’est important de se fixer des caps. 2030, c’est un horizon symbolique. J'aimerais qu’à cette date, Nevers compte davantage d’habitants qu’en 2020. Il y avait presque 50 000 habitants à Nevers dans les années 70, on est passés à 34 000. Il faut faire repartir la démographie à la hausse. Nous faisons partie du réseau Villes de France, de la Mission Ecoter. Avec les autres villes médianes, nous devons redevenir attractives.Un Parisien sur deux rêve de vivre dans une ville médiane, mais pour lui, une ville médiane, c’est encore Tours, Orléans, Angers. Il faut arriver à lui montrer que des villes comme la nôtre existent aussi, le convaincre. Pendant le confinement, des Parisiens sont venus se protéger à Nevers, ils ont pris conscience de nos qualités, de la possibilité de faire du télétravail avec la fibre. Si on veut jouer dans la cour des villes qui peuvent les accueillir, il faut avoir des équipements complètement rénovés, des trains modernes, pas des vieux coucous, un bon accès par la route, une belle équipe en Top 14 un jour... On doit susciter un regain d’intérêt, y compris en développant notre solidarité dans bien des domaines.

NCMB : Vous avez listé 113 engagements pour ce mandat. Quels sont les chantiers prioritaires ?

DT : Il y en a deux visibles. Tout d’abord la réfection de la zone commerçante qui englobe la rue François-Mitterrand, la place Guy-Coquille. Une zone qui va du rond-point de la Maison des sports jusqu’à la place Maurice-Ravel. Tout sera préparé avec les commerçants et les riverains, bien en amont, comme nous l’avons toujours fait jusqu’à présent.Le premier motif de visite d’une ville, c’est l’envie de s’y promener, et tout ce secteur est usé, les rues sont couvertes de trous. Ça devient indispensable de le refaire, en y intégrant des outils digitaux, comme les tablettes ou un comptage des piétons. Il faut donner à cet ensemble un aspect moderne, qualitatif et agréable. C’est un projet que nous ne démarrerons sans doute pas avant 2022 dans sa réalisation. L’autre chantier prioritaire, c’est celui de la place Mossé. Nous attendions l’étude d’impact environnemental de la DREAL, qui a conclu à l’absence d’obstacle majeur à sa réfection. Nous exposerons le projet, pour lequel il y aura une consultation citoyenne et une réunion publique. Et nous irons chercher à nouveau des fonds européens. Il faut que ce projet se fasse, car il conditionne la réhabilitation du site du grand-Monarque (par un investisseur privé, NDLR).

NCMB : Le Centre-Expo a également besoin d’être rénové. Qui doit s’en charger ? La Ville ou l’Agglomération ?

DT : LeCentre-Expo est un équipement a minima intercommunal, voire départemental. C’est un outil économique, touristique, festif essentiel pour l’image du territoire, qui devrait devenir communautaire. Sa rénovation, c’est un gros morceau, 15 millions d’euros au minimum. Dans la même logique, la médiathèque Jean-Jaurès et le Conservatoire ont un intérêt à l'échelle de Nevers Agglomération (tout en préservant les bibliothèques et écoles de musique de chaque commune) ; ils sont plus fréquentés par les habitants des communes de l’agglomération que par les Neversois. Nous sommes très en retard, par rapport à d’autres communes, sur le transfert des équipements à l’intercommunalité. Et il n’y a pas de raison que Nevers paie pour tout le monde, et je serai très vigilant sur ce point. Les communes qui ne veulent pas le comprendre ne sont pas obligées de rester dans l’Agglomération. Les élus intercommunaux en décideront.

NCMB : Un des défis actuels est la relance du commerce de centre-ville. Craignez-vous que celui-ci soit encore affaibli par les effets du Covid ?

DT : Le rôle d’un maire est de protéger sa population, mais aussi de sauvegarder son commerce. Je veux que chacun sache que je peux être un relais auprès des pouvoirs publics, jusqu’au plus haut sommet de l’État, pour qu’il ne reste personne sur le carreau. L’État a mis en place des soutiens économiques sans précédent, alors je dis à ceux qui sont impactés « ne baissez pas les bras, des choses seront mises en place sur un, deux voire trois ans pour vous aider ». Et les gens qui sortent de cette période de confinement avec davantage de pouvoir d’achat ont une responsabilité de solidarité ; ils doivent consommer plus, aller plus fréquemment dans les restaurants. Cela permettra de recréer de la TVA et redonner des moyens à l’État pour aider ceux qui en ont besoin le temps qu'il faudra

Interview : Sébastien Chabard