Aller au contenu principal

Logo Facebook

Logo Twitter

Logo Instagram

Logo Vimeo

Logo Pinterest

Pictogramme Flux RSS

Comme chaque année, les élus font le point sur leurs actions. Rendez-vous jeudi 31 mai, 19h, à la MCNA.

Compte-rendu de mandat

Jeudi 31 mai à 19h, MCNA
Nevers Drone Festival, dimanche 3 juin à l'aéroport.

Nevers Drone Festival

Dimanche 3 juin, 9h30-18h - Aéroport de Nevers
Le Centre technique horticole sera ouvert au grand public le 3 juin, de 9h à 17h.

Rendez-vous aux Jardins municipaux

Dimanche 3 juin (9h-17h), bd Grand Pré des Bordes
Samedi 12 mai 2018

Au pays des lecteurs de Loire

Bibi et Sébastien, deux personnalités du fleuve ligérien.
Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. Cela pourrait être la devise de ces deux mariniers qui passent leur existence, heureux, au fil de l'eau, entre leur chantier naval l'hiver, la navigation et les fêtes de la Loire l'été.

Charpentier de marine, Jean-Marc Benoît, plus connu sous le nom de Bibi, compte déjà plusieurs vies accrochées à sa toue. Ce natif de Nevers grandit au Guétin, entre un père pêcheur professionnel et une mère tenancière du restaurant L’Auberge des Pêcheurs. Les sandres ne faisant pas des chevesnes, Bibi emprunte le sillon familial en devenant compagnon à l’âge de 15 ans, puis entre pleinement dans le métier à 30, pour une aventure qui durera 12 ans. Il fait alors partie de la trentaine de pêcheurs qui arpente la « rivière », comprenez la Loire et l’Allier. « Selon la saison, on fournissait les poissons pour de nombreux restaurateurs du coin. En été, c’était la friture ; à l’automne, les carnassiers comme les anguilles, les sandres ou les brochets ; de l’hiver jusqu’au printemps, on pêchait les poissons migrateurs comme le saumon et l’alose. » À l’épervier ou à la canne, à l’engin dormant ou au filet, ce sont des kilomètres et des kilomètres de « rivière » qui sont parcourus le plus souvent à pied, en toue cabanée ou en plate de Loire.

Mais en 2008, un arrêté sécheresse empêche la vidange des étangs et met à terre son affaire. « On a pris un bouillon phénoménal. Il a fallu arrêter l’activité. J’ai été obligé de vendre le matériel pour éponger les dettes. » Celui qui, de Nevers à Angers, a déjà bravé les courants capricieux, sables mouvants et autres abîmes, tourbillons et trous d’eau du fleuve royal, à bord de frêles esquifs lors des mythiques Trans Pub des années 1990, a plus d’un tour dans sa nasse.

De 2008 à 2014, il prend la tête de la société coopérative « Des métiers de l’eau et de la nature », avec Yvan Doirieux, tournée vers le tourisme et la construction navale, une autre passion transmise par son père. Dès les années 1990, en plein renouveau de la marine de Loire, c’est en observant les autres charpentiers qu’il attrapera pour de bon « le plaisir de construire et de naviguer ».

Haut comme trois pommes, Sébastien pratique déjà la pêche à la jambière aux alentours de Jouet-sur-l’Aubois, son fief, avec pour fleuve directeur… devinez ! : « Enfant, j’ai toujours traîné les bords de Loire avec mes parents et mes grands-parents. Puis, quand j’étais au lycée à Nevers, je retrouvais les copains à mobylette, l’été, vers le Grand-Bouge (sur le sentier du Ver-Vert) ». Après un CAP Maintenance des véhicules automobiles, Sébastien enchaîne les boulots dans la mécanique, l’automobile, et c’est en s’essayant à la chaudronnerie qu’il a la révélation. « Chaque jour était un jour nouveau. J’apprenais la soudure, la construction métallique, le bardage... Je faisais un travail varié qui me plaisait. »

Puis arrive 2015. « Je croisais souvent Bibi sur la rivière et, comme tout le monde, j’en entendais beaucoup parler. C’est un dinosaure sur la Loire ! » Cette même année, les deux pirates aux deux décades de différence construisent sans se concerter deux bateaux identiques pour les fêtes de la Loire. « On se provoquait sans cesse, on s’amusait à faire des courses sur l’eau, c’était notre petit défi à nous. »

Depuis, avec Bibi à la charpente et Sébastien à la partie métallique et à l’assemblage, ces deux-là ne se quittent plus et ont élu domicile, professionnellement parlant, aux Caillettes, sur la commune berrichonne de Cuffy, pour enfanter, « au son du rock’n’roll », les plus beaux et robustes bateaux de Loire à destination des particuliers et des associations de bateliers.

Blandine Bertrand